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Journal de bord - Team Afrique - semaine 3

April 1, 2017

Semaine 3 (20/03 – 26/03), depuis le Maroc

 

Bonjour à tous et bienvenue dans le journal de bord! Retrouvez ici toutes les semaines des nouvelles de chaque groupe, des anecdotes, des récits de rencontres et de voyages.

Au programme du journal de bord de cette semaine le suivi des actions d'une association hyper-active, l'essai de nouvelles manières de voyager et une initiation à la haute gastronomie française.

 

Dès notre arrivée dans le village d'Agoudal vendredi après-midi, nous avions pour seul objectif de nous réchauffer au plus vite. En effet, malgré qu'il ne faisait pas plus froid que lors d'un hiver français, le vent et le choc thermique nous mettaient à l'épreuve. Ceci explique donc que dès notre entrée dans notre chambre, nous avons en premier cherché, en vain, par quel moyen cette pièce était chauffée. Les prochaines nuits s’annonçaient déjà fraîches ! C'est donc dans la seule pièce de cette auberge confortable possédant un poêle que nous allions passer le plus de temps : la salle commune. Et nous avons commencé par un thé, très appréciable et gentillement proposé par notre hôte, Atman, à notre arrivée. Et nous allions vite comprendre pourquoi c'était la seule pièce chauffé en voyant quelle quantité de bois était nécessaire pour cette seule pièce. Jusqu'à 10 kilos de bois pouvaient être engloutis dans ce seul but en une journée.

 

Le soir même, nous retrouvâmes Mohamed MOUSSAOUI, rencontré la veille à Rich, et fîmes la connaissance de Hssain OUZANI, le président de l'association Akhiam [Ariam], ainsi que plusieurs autres membres de l'organisation. Cette association, son importance pour la région et l'implication de ses membres, qui sont prêts à faire les 200 kilomètres séparant le village de chez eux tous les week-ends sont les raisons de notre passage dans le Haut-Atlas. La soirée passa rapidement, entre discussions personnelles, informations sur l'association et programme des jours à suivre, et la semaine promettait d'être très intéressante.

 

Le samedi, nous suivîmes Hssain et Mohamed pour une visite des projets menés par l'association. La journée commença par la présentation d'un chantier de lutte contre les crues, au sein duquel nous avons rencontré, sous la neige, Moha Oudmajane qui dirige les opérations. Autour d'un thé puis au cours d'une visite des travaux, celui-ci nous a expliqué le rôle des gabions, constructions en pierre ayant pour but de ralentir le débit de l'eau et de retenir les sédiments. Ces particules fines facilement transportables peuvent faire de gros dégâts sur les champs et les infrastructures en aval. Pour les fixer définitivement au sol et favoriser l'infiltration de l'eau vers la nappe phréatique, des plantes spécifiquement choisies ont été également plantées. Devant l'importance et l'efficacité du projet, plusieurs habitants travaillent même bénévolement ici même. Nous avons alors réalisé à quel point la population est concernée par le problème et les actions de l'association nécessaires.

 

Après un déjeuner dans l'auberge de Nasser, personnage très charismatique et débrouillard que nous allons retrouver plusieurs fois par la suite, nous repartîmes voir un projet de création d'une réserve d'eau. Cette zone tampon d'environ 400 m³ se rempliera à chaque intempérie, pour se déverser doucement vers les cultures de pommiers environnantes. Nous continuâmes notre visite en prenant la route pour la grotte Akhiam située à un dizaine de kilomètres de Agoudal et ayant inspiré le nom de l'association. Nous y avons observé des lignes de gabions terminées, faisant obstacles à l'écoulement de l'eau tout en se fondant dans le paysage. A notre retour au village, nous nous arrêtâmes à l'école primaire, dans laquelle une salle de classe était équipée d'un poêle et d'un tuyau d'évacuation de la fumée faisant le tour de la salle. Ce système développé par l'association permet de rentabiliser la chaleur dégagée par la combustion et, avec une quantité de bois plus faible, de chauffer de manière plus homogène toute la salle.
 

Notre visite se termina dans la propriété de l'un des membres de l'association, qui a mis à disposition de Akhiam une pièce dans l'objectif de développer une agriculture hors-sol, dont la production servirait à l'alimentation du bétail, réduisant l'exploitation de la végétation du massif.
 

Le soir même, après avoir été rebaptisés en Aisha pour Julia, Mohamed pour Ludovic et Abdou pour Romain, puis avoir programmé un baptême berbère à notre prochaine visite, nous apprîmes que l'association avait réalisé bien d'autres projet. Elle a lancé plusieurs coopératives, notamment de jus de pommes, de pâtisseries, de poules pondeuses et de tissage, respectueux de la végétation et permettant un développement économique de la région. Cette lutte contre la pauvreté est nécessaire pour augmenter le niveau de vie et offrir d'autres alternatives à la coupe du bois. L'association encourage également le développement de l'énergie solaire en installant des chauffe-eau et en ayant un projet de construction de fours à pain solaires utilisables par toutes les femmes du village. Ces deux actions sont jusqu'alors très coûteuses en bois de chauffe et un désastre pour la végétation environnante. De la même façon que d'autres projets de l'association, ces actions sont très chères, et Akhiam espère, en lançant ces idées, les démocratiser dans la région et attirer des investisseurs. Enfin, elle se mobilise pour la condition féminine et son émancipation à travers des cours d'alphabétisation et l'offre d'activité génératrices de revenues telles que la pâtisserie. La création d'une cellule d'écoute aux femmes battues accompagnée d'un soutiens dans les démarches judiciaires, et la lutte contre les mariages infantiles constituent le cœur de leur combat pour les droits des femmes.


Dimanche, profitant du soleil du matin avant la neige annoncée dans l'après-midi, nous sommes rapidement devenus l'attraction du village et notamment de ses enfants. Mohamed et Hssain nous ayant quitté tôt le matin, la suite de notre journée se déroula autour du poêle, alternant jeux de société et travail. Nous avons, lors d'une éclaircie, pu expérimenter les jeux locaux, avec pour seul matériel disponible : des bouteilles vides et des cailloux. Le soir, trois astronomes français et un journaliste américano-portugais étaient arrivés, ainsi que Nasser, le gérant de l'autre auberge du village. Une soirée très sympathique s'annonçait, avec de nombreux échanges culturels et footballistiques. Nous avons également pu programmer une visite de la coopérative de jus de pommes avec Nasser.

Dès lundi matin, nous partîmes en direction du village de Bouzmou, où se trouve les locaux de la coopérative de pommes. Après deux ou trois kilomètres à pied, nous arrêtâmes le mini-bus qui allait vers notre destination. Celui-ci étant déjà plein, l'unique manière pour eux de nous permettre de traverser rapidement cette route de montagne pleine de trous fût donc de nous faire prendre place sur le toit ! Après ce voyage original et mouvementé, nous visitâmes, avec Nasser et les gérants de la coopérative, les locaux de production du jus et du vinaigre de pomme, dont la dégustation nous donna envie d'emmener toute une caisse.

 

 

Nous avons réservé notre journée de mardi pour aller visiter la fameuse grotte Akhiam située à 9 km d'Agoudal. Pensant d'abord y aller en vélo puis en âne, c'est à pied, accompagnés d'Ibrahim renommé Antoine pour l'occasion, que nous sommes partis. Nous pensions faire une petite balade sympathique, mais c'était sans compter sur le raccourci par lequel Ibrahim nous emmena. Parmi tous les chemins possibles, nous avions donc choisi le plus direct, celui offrant les meilleurs paysages, mais également le plus escarpé et le plus improbable. Après une bataille de boules de neige et une difficile ascension, la question « Par où redescendre? » devint vite un problème important. Nous trouvâmes finalement un chemin empruntable qui descendait vers la grotte après plus de 30 minutes à tourner en rond, passant de falaise en falaise. Son entrée était impressionnante, mais nous n'avons pu explorer très profondément la grotte, rapidement bloqués par l'eau recouvrant le sol de la deuxième salle. Mais nous avons pu constater les gros efforts effectués par l'association Akhiam pour rendre cette grotte accessible et aider au développement du tourisme dans la région. Après une nouvelle bataille de boules de neige et une douche sous une cascade, nous rentrâmes, par la route cette fois, à Agoudal. Pendant le retour, Ibrahim en profita pour nous apprendre quelques mots d'arabe, ou de berbère, sans que l'on sache réellement quel mot appartenait à quelle langue. Au retour, Julia comptais en arabo-berbère, pendant que Ludovic comptait ses coups de soleils et Romain ses ampoules.

 

Mercredi, pour notre dernière journée dans le Haut-Atlas, nous comptions aller visiter la coopérative de tissage située à Imilchil, un village à une quarantaine de kilomètres d'Agoudal, réputé pour son festival des fiançailles : le Moussem. Le trajet s'annonça encore une fois compliqué quand Romain et Ibrahim furent contraint de prendre place à l'arrière d'une fourgonnette sans sièges ni fenêtres, pendant que Julia et Ludovic eurent droit à une leçon de politique française pleine de clichés. Une fois à Imilchil, nous vîmes que la coopérative était fermée, et la journée se résuma à une balade autour du lac Tisslit et un concours de ricochets. Pour notre dernière soirée, nous voulions organiser à nos hôtes un repas français, mais avec les ingrédients disponibles et l'absence de four, nous fîmes seulement le dessert : du chocolat fondu avec des fruits en morceaux. Un dessert tout simple donc, mais qui eu un franc succès !


Après une petite semaine passée dans le Haut Atlas, il était déjà temps pour nous de repartir direction M'hamid, dernière oasis de la vallée du Drâa. Nous y rencontrerons Halim Sbai, qui se bat pour préserver les oasis et leur palmeraie.

 

Retrouvez-nous la semaine prochaine pour suivre la suite de nos aventures aux portes du désert !
 

 

 

 

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