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Journal de bord - Team Afrique - Semaine 7

April 25, 2017

Semaine 7 (17/04 – 23/04), depuis le Sénégal

 

Bonjour à tous et bienvenue dans le journal de bord! Retrouvez ici toutes les semaines des nouvelles de chaque groupe, des anecdotes, des récits de rencontres et de voyages.

Au programme du journal de bord de cette semaine un passage à l'église, uns séance de plantation d'arbres et la visite d'une ferme modèle.

 

La communauté chrétienne a beau être extrêmement minoritaire au Sénégal (4 % de la population), la fête de Pacques reste une fête importante. Nous mesurions donc bien la chance que nous avions d'être invités à Thiès pour le week-end Pascal chez Mathieu Faye et sa famille. Nous sommes arrivés le samedi soir chez eux, et nous sommes tout de suite sentis comme chez nous. Simon et Maxime, les amis que nous avions retrouvé à Dakar étaient déjà là et discutaient avec Mathieu et Choco, un ami ivoirien de la famille. De nombreuses autres personnes étaient présentes car le week-end de Pacques est un week-end où chaque chrétien ouvre ses portes à qui veut venir partager un verre ou un repas. Nous avons également, après la traditionnelle messe où les tambours accompagnaient la chorale au rythme des claquements de mains, participé à ce grand mouvement en allant passer la fin de la soirée chez des amis de Mathieu. Nous sommes rentrés nous reposer à l'aube, laissant nos nouveaux amis mettre à mort notre prochain repas. Le dimanche fût sensiblement de la même veine. Nous avons visité d'autres maisons et reçus de nouvelles personnes. Le soir même, un chanteur local de reggae, Dread Maxim, donnait un concert dans les environs de Thiès. Mathieu écoutait ses chansons en boucle, et voulait nous faire découvrir cet artiste sur scène. Nous le suivîmes donc jusqu'à très tard dans la nuit à la découverte de ce chanteur, car ici les concerts commencent à 2h du matin.

La journée du lundi de Pacques était bien plus consacrée au repos et au retour de chacun vers leurs villes respectives. Maxime et Simon repartaient vers Dakar, et les deux petites énergumènes que sont François (6 ans) et Rose (4 ans) s'en allaient reprendre l'école. A ce moment, le calme revint et nous permit de travailler un peu en vue des rencontres et visites qui allaient s'enchaîner les jours suivants.

 Nous consacrâmes entièrement la journée de mardi à suivre Mathieu à travers ses nombreuses activités. Il nous a d'abord guidé, tôt le matin, à l'exploitation avec laquelle il a commencé il y a un an. A la base il possédait deux porcs, et maintenant il en élève plus d'une trentaine, avec l'objectif de démarrer une exploitation arboricole sur le même terrain. Il a également acquis deux autres parcelles dans les environs avec l'objectif d'y développer conjointement maraîchage, arboriculture, pisciculture et élevage, tout cela en mettant en place un système d'utilisation des déchets d'une activité au profil d'une autre. Il nous a ensuite emmené sur une parcelle gérée par une église dont il aide le développement. En effet cette parcelle manque d'eau et les cultures y sont difficiles. Mathieu les aide donc bénévolement pour trouver une solution, via la mise en place d'un système de stockage d'eau depuis un puits avec une pompe fonctionnant à l'énergie solaire. Mais les problèmes d'accès à l'eau sont toujours présents et menacent les cultures. Pour continuer, Mathieu nous a emmené vers une nouvelle exploitation agricole, cette fois propriété d'un hôpital, qui sert à travers la pratique de l'agriculture de thérapie aux handicapés mentaux. La fin de nos visite s'est effectuée à l'école du quartier dans laquelle Mathieu donne des cours d'entrepreneuriat. L'école, catholique, arrive à fournir un enseignement très peu cher à des jeunes défavorisés de la région en créant des partenariats avec des institutions européennes. Nous sommes ensuite rentré chez lui et, pour finir, avons réaliser une interview très intéressante.

 

Le mercredi matin, nous suivîmes encore Mathieu dans les locaux de Yeesal Agrihub, l'entreprise qu'il a lancé avec deux associés. Ils réalisent du consulting pour des collectivités territoriales et proposent des services de gestion des déchets, de production d'énergie renouvelable et de l'eau potable, notamment l'assainissement.

 

L'après midi fut l'occasion pour nous d'organiser un rendez-vous avec Helena Arroyo, une écologiste travaillant pour l'Association des Unions Maraîchères des Niayes qui aide au développement de très nombreuses exploitations agricoles du de la région des Niayes, grosso modo de Thiès à Saint Louis au nord. Nous sommes repartis de ce rendez-vous avec de nombreux contacts supplémentaires, et tout un programme à revoir.

Nous avons décidé le soir même de quittez Mathieu et sa famille, estimant que nous avions déjà assez profité de leur gentillesse et de leur générosité. Mais devant la tristesse et l'incompréhension de Mathieu et Madeleine sa mère, face à cette décision, nous restâmes finalement chez eux pour le reste de notre séjour à Thiès. L'hospitalité sénégalaise, la Teranga, est encore un concept dont nous sommes trop peu habitués.

 

Le travail nous appelait le jeudi matin, mais nous avons pu suivre Mathieu à son exploitation l'après-midi, et l'aider à y planter de nouveaux arbres. Avec son aide, nous avons chacun planté et protégé nos arbres fruitiers face au redoutables chèvres et autres mangeurs de jeunes pousses. Il nous a alors assuré que nous pourrions revenir dès que nous le souhaiterions pour récolter les mangues, oranges, citrons et goyaves qui pousseront dans ceux qui sont maintenant nos arbres.

Une nouvelle visite d'exploitation agro-écologique était au programme de vendredi matin. Nous avons donc retrouvé très tôt le matin Jean-François Faye (qui n'a aucun lien de parenté avec la famille Faye qui nous accueille) qui possède une parcelle de moins d'un hectare qu'il exploite depuis 1994. Ses pratiques d'agriculture responsable et de multi-culture lui ont permis de garder sa terre fertile tout ce temps sans jamais la dégrader. Nous y avons directement constaté les effets du changement climatique. En effet, les chaleurs excessives, les longues périodes de froid (tout relatif pour les français mais ravageur pour les plantes tropicales), le vent violent et le décalage de la période des pluies sont une difficulté énorme pour l'agriculture locale. Ces quelques dernières années, Jean-François a observé des invasions de mouches pondeuses, détruisant ses récoltes de mangues, qu'il attribue aux décalages de floraisons qui bouleversent le rythme de vie des mouches. Nous avons également constaté la mort de ses pieds de tomate, victimes des chaleurs intenses, et la chute prématurée de ses mangues et de ses citrons. Notre hôte ne pouvait en donner les raisons, mais nous avons entendu l'après-midi que la combinaison de la chaleur intense qui fragilise les tiges et du vent violent sont responsables de ce problème. Jean-François était inquiet, très inquiet que la situation s'empire et qu'une crise alimentaire se produise dans l'ensemble du pays.

Après cette visite extrêmement riche en informations, nous avons complété nos connaissances sur le sujet l'après-midi avec la visite de la ferme écologique de Mr. Mor que nous avons effectué accompagnés d'Helena. Il y plantait notamment l'artémisia, une plante médicinale qui pourrait, selon ses dires, soigner tout type de maladie. Comme il aimait le dire : « Je ne suis pas médecin et je ne sais pas ce que tu as mais, l'artémisia, elle, saura ». C'est aussi lui qui constatait les mêmes problèmes avec ses mangues qui tombent prématurément et qui nous a donné les raisons de ce problème qui l'inquiète fortement.

 

Pour notre dernière soirée à Thiès après six superbes jours, nous voulions remercier notre famille d'accueil en leur proposant un repas français. Notre menu en entrée-plat-dessert était déjà une nouveauté pour eux, et ils ont eu l'air de bien apprécier notre plat, une omelette aux pommes de terres et aux oignons et notre dessert, des fruits avec un coulis de chocolat.

 

Nous devions repartir vers Dakar le samedi pour passer le week-end avec Maxime et Simon avant de descendre vers Mbour, deuxième port du pays. Mais avant cela, Mathieu participait à un forum sur l'environnement organisé à l'hôtel de ville par les scouts de Thiès. Ce forum est resté dans la sensibilisation générale, mais nous avons tout de même eu la confirmation que des problèmes environnementaux étaient bien ressentis par une bonne partie de la population.

Cette semaine à Thiès a donc été très enrichissante pour nous dans la compréhension des enjeux liés à l'agriculture dans le pays et l'importance pour les sénégalais de trouver des solutions pour éviter de grands problèmes alimentaires. Nous continuons maintenant notre étude au Sénégal, dans le Sine Saloum qui abrite l'écosystème très fragile des mangroves.

 

Retrouvez-nous la semaine prochaine pour suivre la suite de nos aventures au Sénégal !

 

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