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Journal de bord – Team Afrique – Semaine 8

May 6, 2017

Semaine 8 (24/04 –30/04), depuis le Sénégal

 

Bonjour à tous et bienvenue dans le journal de bord! Retrouvez ici toutes les semaines des nouvelles de chaque groupe, des anecdotes, des récits de rencontres et de voyages.

Au programme du journal de bord de cette semaine un déjeuner peu commun, la rencontre d'une femme active et la visite d'une île particulière.

 

Après notre semaine à Thiès, et avant de descendre vers M'Bour et le Sine Saloum, nous avons fait un crochet vers Dakar pour passer le week-end du 22-23 avril avec Maxime et Simon. Mathieu nous avait accompagné pour ce week-end festif, se séparant de nous seulement pour la soirée de dimanche où nous avons enchaîné les résultats présidentiels et le classico Real Madrid - FC Barcelone. Ne comptez pas sur nous pour vous dire quelle partie de la soirée nous avons préféré !

 

Nous sommes partis pour M'Bour lundi matin, après avoir fait nos adieux à Mathieu, a qui nous avons donné rendez-vous en France. Nous reverrons Maxime et Simon par la suite car ils quitteront Dakar la veille de notre départ. Mais pour l'instant, c'est le Sine Saloum et ses mangroves qui nous attendent. Nous avons eu la bonne surprise, à notre arrivée à M'Bour, de voir que notre auberge était située dans un coin calme de la ville, à 50 mètres de la mer. La maison d'hôte était vide et nous l'avons eu pour nous seuls pendant 3 jours. Nous en avons profité, après avoir posé nos affaires, pour aller faire un tour à la plage. Celle-ci était malheureusement jonchée de déchets en tout genres, et dès que nous trempions les pieds dans l'eau, nous sentions qu'il y en avait tout autant prêts à s'échouer.​

En fin d'après-midi, nous avons entrepris d'aller visiter le deuxième port du pays pour découvrir comment se passe l'activité de pêche. Nous y sommes allés accompagnés d'un guide qui nous a montré les différentes sortes de poissons attrapés. Pour les pêcheurs du coin, tout comme au Maroc, la pêche intensive est une source de préoccupation beaucoup plus importante que le changement climatique. En effet, les gros bateaux de pêche, russes notamment, et le nombre toujours grandissant de pêcheurs sénégalais raréfient le poisson. Même si des règles strictes ont été mise en place, les bateaux européens ne sont pas concernés et les sénégalais, bien plus contrôlés, essaient toujours de les contourner pour gagner un peu plus et sortir leurs familles de la pauvreté. Nous avons également eu la confirmation de ce que nous avions entendu au forum de Thiès : certains poissons autrefois délaissés, comme la lotte, sont maintenant très prisés. Était-ce par ignorance envers ce poisson ou par manque des poissons anciennement plus prisés, nous n'en savons pas plus.

 

Mardi midi, des amis de Assane, propriétaire de l'auberge, sont arrivés pour cuisiner leur prise du jour : un phacochère de 80kg. Dans la pure tradition de la teranga (*hospitalité) sénégalaise, ils nous ont invité pour le déjeuner. Nous avons donc goûté, plutôt deux fois qu'une, au gibier typique du pays dont la viande, cuite en marinade, rappelle la saveur du veau.

Après une après-midi de travail, nous avons retrouvé pour le dîner Astou Sene, comptable de Ndimague Agro. Cette entreprise a été créée par elle-même, en partenariat avec Tiofène, un ingénieur agronome qu'elle connaît de longue date. Dans la région, les agriculteurs ont toujours eu l'habitude de cultiver uniquement pendant la saison des pluies (appelée hivernage et ayant habituellement lieu entre début juin et mi-septembre). Pendant la saison sèche, pensant que l'agriculture est impossible ou trop difficile et pas assez rentable, ils s'en vont vers les villes pour trouver du travail. L'objectif de Ndimague Agro est, en plus de leur propre rentabilité, de montrer aux gens que l'agriculture est possible pendant la saison sèche et, avec la progressive réduction de la saison des pluies, qu'elle devient même nécessaire.

Nous avons quitté Astou après le repas et programmé un nouveau rendez-vous avec elle le lendemain soir. En effet, elle voulait nous faire découvrir un maximum de plats sénégalais pendant notre séjour.

 

​Avant notre venue au Sénégal, nous avions repéré une association, l'APRAPAM, qui aide au développement de la pêche artisanale dans la région. Nos mails étant restés sans réponse, nous avions tout de même décidé de tenter notre chance mercredi, en nous présentant directement à leur bureau. Seulement l'adresse notée sur leur site n'était autre qu'une boite postale. Après y avoir fait un tour sans grands espoirs, nous avons été voir à la mairie pour leur demander des renseignements. Là-bas, le second adjoint au maire nous a gentiment reçu. Il est spécialisé dans les questions de pêche et a pu nous aiguiller. L'APRAPAM s'avère être l'antenne locale de la CAOPA (Confédération d'Afrique de l'Ouest de la Pêche Artisanale), et occuper les mêmes locaux. Arrivés sur place, seule une secrétaire était présente. Le directeur était en déplacement en Inde et le vice-président se trouvait à Dakar. Nous sommes donc repartis avec de nouvelles adresses mails et numéros de téléphones, mais pas plus d'information sur la pêche et ses changements récents au Sénégal.

 

Le travail nous attendait l'après-midi, et Astou nous appela pour nous retrouver en ville et aller manger. Elle nous emmena dans une dibiterie, le fast-food local, où l'on ne trouve ni burgers ni sandwichs mais du poulet ou de l'agneau grillé. Le lendemain, pas de rendez-vous de prévu non-plus, alors nous en avons profité pour rattraper le travail qui s'accumulait. Nous avons une nouvelle fois de plus dîné avec Astou, mais chez elle cette fois ci.

 

Il était temps pour nous de rentrer réellement dans la mangrove. Nous sommes donc partis tôt le vendredi matin vers Joal-Fadiouth, célèbre pour son île aux coquillages formée au fil des siècles par l'Homme et réellement faite de coquillages. A notre arrivée à l'hôtel, nous avons découvert ce très beau paysage. A marée haute, les palétuviers donnent l'impression de flotter dans l'eau, alors qu'à marée basse, l'eau disparaît presque entièrement, laissant apparaître la vase qui recouvre la région.​

 

Nous avons entrepris la visite de cette fameuse île aux coquillages. Après avoir fait un petit tour en pirogue, nous avons pu visiter le cimetière partagé entre chrétiens et musulmans et entrer sur l'île. Elle a été formée au fil des siècles par l'Homme, qui a entreposé tous les coquillages à cet endroit, a gagné du terrain sur la mer et compte maintenant un millier d'habitants environ. Nous en avons profiter pour questionner notre guide à propos du changement climatique et avons eu une discussion très intéressante sur l'impact de l'Homme sur son environnement.

Nous avons profité de l'après-midi pour sortir les maillots de bain et aller nous baigner pour la première fois du voyage. A marée basse, l'eau nous arrivait à peine à la taille mais cela nous suffisait amplement. Mais notre plus grande source d'amusement fût la grande colonie de crabes violonistes installée sur la plage.​

 

​Le samedi matin déjà, nous quittions Joal, direction l'île de Mar Lodj. Sur le trajet, nous voulions faire un arrêt rapide au plus grand baobab du Sénégal. Et même si la visite du baobab ne fût pas si longue, l'arrêt ne fût pas court pour autant. Après avoir fait le tour du baobab et être rentré dedans, nous avons compris pourquoi il est considéré par certains comme un attrape-touriste. C'est assez rigolo de pouvoir littéralement entrer dans un arbre, mais la visite est quelque peu gâchée par les vendeurs de souvenirs et les guides improvisés. Nous avons ensuite filé tout droit vers Ndangane, où se trouve l'embarcadère vers Mar Lodj. Au passage, nous avons traversé certaines étendues désertiques qui nous ont intrigué. Le chauffeur nous a alors expliqué la raison : la salinité de la nappe et du sol rend toute pousse impossible. Ces zones sont vertes uniquement durant la saison des pluies, entre juillet et septembre.

A la facilité de la pirogue individuelle, nous avons préféré la pirogue collective, moins chère et plus locale. Nous avons donc voyagé avec des natifs, mais aussi des sacs de béton, des caisses de bières et une porte rouge. Nous voila donc arrivés sur l'île de Mar Lodj, 150 km² abritant environ 5500 habitants répartis dans 4 villages, où nous allons rester quelques jours pour mieux comprendre comment la population locale est affectée par le changement climatique.

Retrouvez-nous la semaine prochaine pour suivre la suite de nos aventures au Sénégal !

 

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