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Journal de bord – Team Afrique – Semaine 10

May 18, 2017

Semaine 10 (08/05 –15/05), depuis l'Afrique du Sud

 

Bonjour à tous et bienvenue dans le journal de bord! Retrouvez ici toutes les semaines des nouvelles de chaque groupe, des anecdotes, des récits de rencontres et de voyages.

Au programme du journal de bord de cette semaine une dégustation de fruits, une séance de dédicaces et une sortie au théâtre.

 

Tout au long de notre voyage au Sénégal, on nous ressortait l'exemple de Saint-Louis dès que nous abordions le thème de la montée des eaux. Nous avions donc finalement pris la décision de raccourcir légèrement notre passage dans le Sine-Saloum pour pouvoir faire la longue route vers l'ancienne capitale du pays. Nous sommes donc partis Samedi 6 Mai de Mbour, direction le Nord. Au moment de quitter la famille Sene qui nous avait gentiment hébergé, Abibou a décidé de finalement nous accompagner.

Nous sommes arrivés tous les quatre en fin d'aprèm-midi à Saint-Louis. Abibou avait appelé une de ses amies rencontrée à l'université à Dakar, et celle-ci avait proposé de nous loger dans la maison que son père venait de faire construire. L'électricité avait été installée dans la journée pour notre venue et aucun meuble n'y était présent, mais cette maison suffisait à notre bonheur. A notre arrivée, nous avons été accueillis dans leur famille pour dîner avant de découvrir cette maison. La « teranga » sénégalaise avait encore frappé !

 

Dans l'après-midi du lendemain, nous avions rendez-vous en ville avec une femme, Yarame Fall, et nous en avons profité pour visiter le centre de cette curieuse ville. Le fleuve qui la traverse longe la côte avant de se jeter dans l'océan, de ce fait, seule une toute petite bande de terre, de moins d'un kilomètre de large, le sépare de la mer. Cette bande de terre est appelée Langue de Barbarie et est extrêmement sujette à l'érosion côtière. Nous nous sommes baladés sur la langue, dans des quartiers pour le moins pauvres et populaires, et avons profité de la présence d'Abibou pour discuter plus facilement avec les locaux. Nous avons eu la confirmation de ce que nous avions entendu, la mer avance très vite ici et menace énormément d'habitations. Beaucoup ont déjà dû être relogés, mais plus encore sont en danger.

Mais c'est le quartier en lui-même qui a le plus retenu notre attention. C'est le plus peuplé de Saint-Louis et est organisé en désordre. Sur les trottoirs et dans les rues, le nombre des enfants fait concurrence à celui des montons, qui traversent la route aléatoirement. Les taxis doivent donc slalomer entre les montons, les calèches et les pélicans, invités surprise en plein centre-ville.

 

Yarame Fall vivait littéralement au bord de l'eau. Pendant l'interview de cette femme, dont toute la famille travaille dans le milieu de la pêche, nous ne cessions pas d'entendre le bruit des vagues qui se fracassaient contre la digue qui les protège. Ce qui est ressorti de cette interview est que Yarame avait peur. Peur pour sa maison, peur pour l'avenir de la pêche dans la région et peur pour elle-même. La mer a déjà avancé de manière spectaculaire ces dernières années, et menace d'avancer encore au vue de la digue qui montre des signes de fatigue. Plusieurs maisons ont déjà été englouties et la maison de Yarame est la prochaine sur la liste. Nous sommes resté longtemps au pieds de sa maison après le rendez-vous, à nous amuser des montons qui slalomaient entre nous et à contempler les vagues pour lors arrêtées par cette digue datant de 1931 et des sacs de sable.

 

Abibou désirait nous faire découvrir toutes les saveurs du Sénégal, et entreprit de nous faire une dégustation des fruits exotiques sénégalais le soir même. Nous eûmes donc droit à une dégustation de mad et de conconrong. La première est composée de plein de petits noyaux entourés de chair très acide. Elle se mange seul, ou mélangée avec du sel ou du piment, ce qui fait ressortir des goûts totalement différents. Le deuxième est un fruit particulier qui fait ressortir toute notre patience. Il est rond, et sa couverture à l'apparence du bois. D'ailleurs, seule son enveloppe très dure se mange, et il faut beaucoup de temps avant d'en retirer plus que quelques copeaux. Nous avions déjà goûté à une grande majorité des plats traditionnels sénégalais (à l’exception de Romain dont l'allergie à l'arachide l'a privé de quelques repas), mais assez peu de nouveaux fruits et cette dégustation nous fit très plaisir.

Lundi matin, nous sommes partis pour le port de pêche. Après être restés à regarder l'effervescence de ce port, nous avons continué notre route vers le sud. Nous voulions aller voir la fameuse brèche dont tout le monde nous parlait. Celle-ci faisait 4 mètres de large quand elle a été creusée, en 2003, pour sauver la ville de Saint-Louis des inondations. Seulement elle a été construite dans la précipitation et sans tenir compte des courants marins, et la brèche s'est étendue de manière spectaculaire, quasiment à vue d’œil. Après deux jours, elle faisait déjà 80 mètres de large, et 800 mètres au bout de 8 mois. Elle mesure maintenant environ 6 km, et a complètement bouleversé l'écosystème de la zone. Seulement, quand nous sommes arrivés sur les lieux où le canal avait été creusé, plus rien. Ce n'était plus qu'un banc de sable, et l'eau n'avait pas de moyen de le franchir. Nous étions alors complètement perdus, et d'autant plus que Google Maps nous annonçait que l'on se trouvait en plein milieu de l'eau. Un homme qui cultivait des champs sur la lange, nous a finalement éclairé. La brèche s'est déplacée plus au sud, et cette partie est ensablée depuis longtemps.

 

 

Toujours curieux de savoir ce qu'il était arrivé à cette brèche, et d'en savoir plus sur les conséquences qu'elle a eu sur l'environnement, nous sommes allés le lendemain matin à l'université de Saint-Louis, pour y rencontrer une personne de la section de géographie. Nous y avons rencontré le professeur Boubou Aldiouma SY, ayant dirigé plusieurs travaux d'étude sur cette brèche. Il nous a donné des explications très techniques sur ce qu'il s'est passé. Elle s'est donc très vite élargie, puis s'est déplacée vers le sud. Sous l'effet des courants, le coté nord s'ensevelit, alors que le coté sud continue à se dégrader. Mais la brèche a causé beaucoup de soucis. Elle a fait beaucoup de victimes, a rasé deux villages de la carte et a détruit de nombreuses terres cultivables. Elle s'élargit toujours, mais à une vitesse beaucoup plus faible, et devrait trouver son état d'équilibre d'ici peu.

 

Pour notre dernier soir à Saint-Louis, nous sommes retourner chez l'amie d'Abibou passer la soirée. Nous n'avions pas encore vus le père de famille, propriétaire de la maison, et voulions le saluer et le remercier avant de partir. Nous avons passé une super soirée à discuter avec eux, notamment des curiosités du Sénégal. En plus du fameux quartier de la langue de Barbarie, ce sont surtout des voitures et de leur état sur lesquelles on a discuté. En effet, pendant tout notre trajet au Sénégal, nous avons pu observer bien des curiosités sur la route. Cela va des simples accessoires tels que la ceinture attachée avec des bouts de ficelles ou le compteur bloqué sur 5km/h, à la voiture dont il ne reste plus que la carrosserie et dont on se demande vraiment comment elle peut encore rouler. D'ailleurs il arrive régulièrement de voir plusieurs personnes pousser une voiture à son démarrage.

 

Nous avons quitté Saint-Louis assez tôt mercredi matin en direction de Loumpoul, à mi-chemin vers Dakar. Là-bas, des membres d'une association locale qui suit et aide les agriculteurs et pêcheurs locaux nous attendait pour une interview. Nous sommes finalement arrivés sur place bien plus tard que prévu, le mini-bus restant bloqué deux heures à Saint-Louis en attendant d'être remplit. Nous avons ensuite eu l'explication : le mercredi est un jour particulier pour les sénégalais. Par superstition, le mercredi ils ne lavent pas leur linge, ne voyagent pas...

Après l'interview, nous pensions rester à Loumpoul pour la nuit, mais avons finalement décidé de continuer notre route vers Dakar le soir même. Abibou nous laissa à Thiès pour redescendre vers Mbour et nous arrivâmes à Dakar dans la soirée.

 

Nous avions encore quelques rendez-vous à Dakar avant de quitter le Sénégal. Nous nous sommes alors rendu dans les locaux de l'ISRA (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles), notamment de son centre océanographique, le vendredi matin à la rencontre de Diahiou Hamet pour une rapide interview sur la montée des eaux dont nous sommes repartis avec beaucoup de documentation supplémentaire. L'après-midi, nous avions une autre interview (la dernière au Sénégal) avec des membres de la CAOPA (Confédération d'Afrique de l'Ouest pour la Pêche Artisanale) dont nous avons majoritairement parlé de la pêche et de la diminution de la ressource en poisson.

 

Le soir, nous retrouvions la famille Sene de Mbour à la séance de dédicaces du nouveau livre du frère aîné. Il est expert comptable, mais avait décidé d'écrire un livre sur la continuité de l'Homme dans son environnement et avec lui-même. Cette séance a été pour nous l'occasion de voir une dernière fois Abibou, Astou, Kaka et leurs parents avant notre départ. Nous les avons finalement quitté avec leur promesse de venir en France nous passer le bonjour.

 

 

 

Le samedi soir, c'est un autre ami sénégalais que nous retrouvions. Mathieu Faye avait fait le déplacement depuis Thiès pour nous retrouver, ainsi que Maxime et Simon qui partaient pour le Burkina Faso un jour avant nous. Nous nous sommes tous retrouvé au théâtre, où nous étions invités par la colocataire de nos deux amis grenoblois. Le grand théâtre de Dakar était somptueux et nous n'avions pas vraiment la tenue vestimentaire adéquate, mais nous avons bien assisté à cette pièce à la mise en scène et au jeu d'acteur superbes, mais au scénario un peu trop abstrait pour nous. Nous avons ensuite fêté nos retrouvailles jusqu'au bout de la nuit, invités dans une soirée privée où nous ne connaissions absolument personne. Mathieu repartait pour Thiès le lendemain matin, et promis également avant de nous quitter de nous retrouver en France.

Nous retrouvions une dernière fois Maxime et Simon en ville le dimanche soir avant leur départ programmé pour lundi.

 

Ces derniers jours étaient pour nous consacrés au repos et à un premier tri des informations amassées ces cinq dernières semaines. Elles furent très riches, tant en informations pour le projet qu'en rencontres personnelles. Que ce soit à Thiès, Mbour, Mar Lodj, Fimela ou Saint-Louis, nous avons eu un accueil extraordinaire de la part des locaux et rencontré des personnes géniales. Nous repartons du Sénégal avec un pincement au coeur, et l'envie de revenir vite pour revoir toutes ces personnes qui nous ont aidé et on rendus ce mois au Sénégal magnifique. Nous avons également fait le plein d'informations concernant le projet, et observé les difficultés rencontrées par les agriculteurs et les pêcheurs, que le changement climatique impacte directement.

Nous faisons maintenant route vers l'Afrique du Sud, pays le plus riche d'Afrique, mais dont les disparités entre les populations sont criantes. Le président doit actuellement faire face à de nombreuses contestations partout dans le pays et est fragilisé par des histoires de corruption. Les enjeux environnementaux liés à l'Afrique du Sud sur immenses et très variés, allant de la protection de leurs côtes à la lutte contre les sécheresses de plus en plus fréquentes en passant par la valorisation de leurs très nombreux parcs naturels. Nous démarrerons notre étude au Cap, avant de longer la cote jusqu'à Port Elizabeth puis Durban avant de remonter vers Johannesburg.

 

Retrouvez-nous la semaine prochaine pour suivre le début de nos aventures en Afrique du Sud !

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