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Journal de Bord - Team Asie - Semaine 12

June 11, 2017

Journal de Bord (29 mai – 4 juin), depuis les Philippines.

 

Lundi 29 mai, après une rencontre avec un pêcheur dans la matinée, Dann a tenté de nous mettre en relation avec les autorités de Cordova. Ces derniers n'étant finalement pas disponibles, nous nous sommes alors redirigés vers Lapu-Lapu City où nous avons pu interviewer M. Andy Bernane, responsable de la gestion des risques de la municipalité. Il nous a alors évoqué les procédures mises en place en cas d'alerte aux typhons, ou bien encore des moyens d'adaptation installés par la municipalité. (Un des pires typhons qu'a connu la municipalité en 1990 a notamment causé l'effondrement de l'unique pont qui reliait Lapu-Lapu à Cebu City).

 

Mardi 30 mai, notre compère Dann avait ce jour-là plusieurs rendez-vous pour les activités de son organisation, nous sommes partis sous ses conseils en direction de l'île d'Olango à 20mn en bateau de Lapu Lapu City. Nous avons débuté notre visite par un tour dans le sanctuaire des oiseaux et ses mangroves. Le paysages étaient magnifiques, notamment lorsque dans la mangrove l'eau (turquoise) nous arrivait aux genoux (pour les plus petits...). Malheureusement, nous étions hors-saison et les oiseaux avaient déserté les lieux...

 

Nous avons cependant eu davantage de chance en visitant le sanctuaire des poissons équipés de masques et de tubas, dans une eau particulièrement chaude et peuplée de différents habitants !

Dans la soirée, aux alentours de 22h, nous sommes partis de Cebu direction Ormoc City, sur l'île de Samar. C'est donc sur le pont d'un ferry aménagé en immense dortoir (sans doute une centaine de lits) que nous avons effectué la traversée de nuit.

 

Mercredi 31 mai, c'est donc à 5h du matin que nous sommes arrivés sur les quais d'Ormoc City. Sans plus tarder, nous avons pris un bus en direction de Tacloban, pour 4h de bus sur des routes rebondissantes. Après un petit-déjeuner pour reprendre des forces, Dann nous a ensuite introduit auprès des organisateurs du « Regional Youth Summit » à EVSU (Eastern Visayas Samar University). Cet événement qui regroupait plusieurs centaines de jeunes représentants de différentes provinces, avait pour but de proposer de nouvelles mesures politiques afin de les faire remonter au niveau de l'Etat.

En fin de matinée, nous sommes allés découvrir un quartier de Tacloban, ce dernier, situé sur la côte, a été sévèrement touché par le super-typhon Haiyan (2013). C'est donc là que Dann nous a permis de rencontrer une mère de famille dont la maison a été détruite par la catastrophe. Il s'est avéré que l'évacuation a été assez tardive voire même inexistante. En effet, les typhons font parti de la vie dans ces régions (on compte en moyenne environ 20 typhons par an). Cependant la puissance destructrice de ce dernier n'ayant pas été communiquée, beaucoup se sont retrouvés piégés par l'onde de tempête et on dénombre jusqu'à 7000 morts dans la seule ville de Tacloban.

 

 

Par la suite, nous avons retrouvé un des organisateurs du sommet. Après l'interview, nous sommes allés déjeuner avec ce dernier et un groupe de jeunes participants, nous avons ainsi pu déguster un dessert très populaire chez les jeunes, le « halo halo » (sorte de glace...enfin de givre avec du sucre! Miam…).

Dans l'après-midi, nous nous sommes rendus à Dulag pour découvrir un projet assez innovant : après le typhon au cours duquel les pêcheurs de la communauté ont presque tout perdu, ces derniers ont construit un camp d'écotourisme de surf permettant de venir compléter les revenus de leur pêche. Cette structure organisée en coopérative a été rendue possible grâce aux aides du gouvernement afin de construire un lieu durable et respectant l'environnement.

 

 

En soirée, Dann nous a présenté Marinel Ubaldo, une jeune engagée dans la cause environnementale (nous reviendrons sur les raisons de son engagement plus tard), qui nous accompagnera dans sa communauté le lendemain.

 

Jeudi 1er juin, nous partons donc dans la matinée en direction du Sud-Est de Samar, et plus particulièrement la localité de Matarinao. C'est donc après 3h de bus et une traversée sur un petit bateau que nous arrivons chez Marinel. Le village de Matarinao, situé à la pointe Est de Samar fût le premier à être touché par le super-typhon Haiyan, ce dernier fût alors profondément touché, une grande partie fut détruite et le village fut coupé de tout approvisionnement pendant près de 6 mois. Malgré le cadre de rêve que nous découvrons, Matarinao n'est pas une destination touristique.

 

Après avoir apprécié un bon déjeuner, nous avons fait le tour du village et c'est dans un cadre magnifique que nous avons pu interviewer Marinel. Cette dernière nous a alors parlé de ce qu'elle a vécu pendant le typhon, elle était à l'époque au lycée et a été témoin de la destruction de son village. Par la suite les conditions de (sur)vie étaient extrêmement difficiles, pendant plusieurs mois la communauté n'avait ni eau, ni électricité, ni nourriture … L'accès à leur village étant impossible, l'aide internationale n'est arrivée qu'un mois après les événements, jusque là seuls les hélicoptères de l'armée américaine étaient capables d'apporter leur aide. Marinel se bat désormais pour la mise en place d'une justice climatique et la cause environnementale. Elle faisait parti de la délégation philippine pour la COP21 au cours de laquelle elle a tenu un discours face aux leaders mondiaux. Aussi, elle a eu l'opportunité de rencontrer Marion Cotillard au cours du tournage du documentaire de La jeune fille et les typhons de Christoph Schwaiger dans lequel elle tient le rôle principal.

 

 

 

Suite à ce témoignage fort, nous avons pu apprécier l'agilité des jeunes du village qui ont cueilli des noix de coco (appelées « buko ») pour le goûter pendant que Dann prenait quelques instants de repos.

Ensuite, accompagné de son père, un pêcheur, elle nous a fait découvrir différents lieux qu'elle apprécie, comme le refuge du sanctuaire de poissons, ou une île située au milieu de la baie. Nous en avons profité pour nous baigner dans une eau chaude, et apprécier le coucher de soleil.

 

 

 

Dans la soirée, après le repas où nous avons dégusté du bon poisson local à l'escabèche, nous avons pu échanger avec les pêcheurs sur leur situation qui s'est dégradée depuis le typhon. En effet, tout leur équipement de pêche a été emmené par le typhon. Aujourd'hui, certains ont pu partiellement le remplacer mais leurs bateaux sont plus petits, et ils pêchent de moins en moins de poissons car les coraux ont été fortement abîmés par le typhon, entraînant une chute de la biodiversité marine.

En fin de soirée, nous avons pu avoir de longues discussions avec Marinel. Elle nous a notamment confié que son intervention à la COP21 avait été particulièrement difficile car elle est survenue après d'important problèmes personnels et familiaux. Elle a finalement choisi d'y aller car elle savait qu'elle avait un message important à faire passer, et que l'occasion ne se représenterait sans doute jamais.

 

 

Vendredi 2 juin, après avoir dit au revoir et remercié chaleureusement Marinel et sa famille pour leur accueil et pour nous avoir hébergés, nous sommes retournés à Tacloban.

En arrivant, nous nous sommes rendus avec Dann à un mémorial des victimes du typhon près d'une église. Il s'agit d'un lieu de recueillement où sont enterrées le victimes (identifiées ou non) du super-typhon.

Nous avons finalement réussi à retourner à Ormoc City pour prendre le ferry de nuit direction Cebu.

 

Samedi 3 juin, après une courte escale à Cebu (2h), nous avons embarqué au petit matin sur un frêle esquif direction arrivés à Bohol. Kurt, un jeune philippin engagé dans la cause environnementale nous a alors rejoint, et nous nous sommes rendus sur l'île de Jao Island puis de Guindacpan.

 

Sur place, nous avons rencontré beaucoup de villageois, et d'enfants (qui ont eu le droit à des crayons en guise de cadeau de la part de Dann). Pierre-Alexis a pu goûter à … un concombre de mer offert par un «aimable » villageois, il pensait qu c'était une banane séchée, dommage ! Nous avons ensuite ou nous entretenir avec le maire du Barangay, qui nous a expliqué les différents problèmes qu'ils rencontraient : inondations lors des grandes marées, saison sèche plus longue et saison humide plus ravageuse. Une autre initiative était aussi menée sur place avec l'ONG ZSL. Les habitants, qui sont soit pêcheurs soit producteurs d'algues, collectent les filets de pêche usagés pour les vendre : ces déchets sont ensuite recyclés et retransformés en tapis.

Le soir, nous sommes retournés à Jao Island pour y dormir, après une petite baignade pour se rafraîchir face au couché de soleil. Quelle fut notre surprise quand nous découvrions que juste sous notre dortoir avait lieu une « fiesta » organisées par les jeunes du village : grosses enceintes et tubes dignes des meilleures soirées du Club Mix !

 

 

Dimanche 4 juin, nous avons quitté Jao Island et notre compère Dann. C'est donc avec notre ami Kurt que nous sommes partis en direction de Carmen, où sa famille possède une ferme dans les collines de Chocolat (« Chocolate Hills » en anglais). Après une promenade entre deux averses, nous rentrons ches Kurt pour le repas et allons nous coucher. C'est avec le doux chant des coqs de combat que notre nuit prend fin aux alentours de 4h...

 

 

Lundi 5 juin, nous quittons la ferme pour nous rendre à BISU (Bohol Island State University), une université qui enseigne les pratiques agricoles et proposes différents bachelors, masters et doctorats. Nous avons donc visité l'immense campus composés de différents départements et de champs pour les travaux pratiques. Notre visite se conclut par la rencontre du directeur de l'école qui nous parle de ses ambitions pour l'école et sa vision de l'apprentissage et nous invite pour le dîner.

 

Mardi 6 juin, après un petit-déjeuner dans le bureau de M. le directeur, nous sommes partis direction le port de Tagbilaran, c'est dans un véhicule officiel estampillé BISU que nous effectuons le trajet. Arrivés en avance, nous en profitons pour visiter le FabLab, un atelier ou les étudiants et entrepreneurs peuvent venir utiliser les imprimantes 3D, tisseuses, presse à plastique, etc. Nous embarquons ensuite pour Cebu pour prendre notre avion. Finalement notre vol est successivement décalé pour atteindre plus de 3h de retard … C'est la fin d'une grosse semaine bien chargée, nous voilà de retour à Manille.

 

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