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Journal De Bord - Team Afrique - Semaine 16

July 1, 2017

Semaine 16 (20/06 –26/06), depuis Madagascar

 

Bonjour à tous et bienvenue dans le journal de bord! Retrouvez ici toutes les semaines des nouvelles de chaque groupe, des anecdotes, des récits de rencontres et de voyages.

Au programme du journal de bord de cette semaine, notre arrivée à Madagascar, notre début de séjour dans le village de brousse de Ambatofotsy et les célébrations de la fête nationale.

 

Mardi 20/06, en début d'après midi nous atterrissons à Antananarivo, surnommée ici Tana. Après le passage de la douane, avoir retiré un peu d'argent et pris une carte sim, nous retrouvons Henri et Guy venus nous chercher à l'aéroport pour nous éviter les complications et arnaques en tout genre typiques de ces lieux. Sur la route, nous découvrons la capitale de l'île. Le pays semble être à la croisée entre deux continents avec à la fois une atmosphère désordonnée qui nous rappelle avec plaisir le Sénégal et une culture reflétant l'importante influence asiatique. En effet, le rizières jonchent les paysages même urbains, les visages témoignent de la mixité et notamment de l'immigration est-asiatique et le riz figure dans toutes les assiettes à n'importe quelle heure de la journée. C'est un petit choc pour nous après le mix Afrique-USA de l'Afrique du Sud. Nous arrivons finalement chez Henri qui va nous héberger plusieurs nuits à Tana. Il est le frère de Étienne, un ami de Julia qui habite à Toulouse et qui nous a permis d'établir de nombreux contacts à Madagascar. Après avoir déposé nos affaires, nous trinquons et faisons connaissance avec la famille : son fils Til et sa nièce Voire venue étudier dans la capitale. Le soir, nous dégustons notre premier plat de riz d'une très longue lignée.

 

Mercredi 21/06, après un repos appréciable, nous partons à la découverte de Tana. En fin de matinée, nous prenons un Taxi-B, petit bus populaire et très emprunté, en partance pour le centre-ville. La particularité de ce moyen de transport est qu'il ne s'arrête pas mais ralenti seulement. Il faut donc faire preuve d'un peu d'agilité et, au cas ou il y aurait du monde, de rapidité, de tactique et paraît-il parfois, de force. Les utilisateurs semblaient assez surpris de voir des « Vaza » (équivalent du Toubab sénégalais pour désigner les étrangers). Nous découvrons donc le centre-ville et l'avenue de l'Indépendance. En arrivant dans une ville, il est intéressant d'aller dans un parc pour en apprendre plus sur la culture et notamment sur les sports nationaux. Nous découvrons donc que le foot est évidemment pratiqué mais la pétanque également, malgré le manque d'infrastructures. En réalité, le basket est également très apprécié des malgaches malgré leur gabarit très loin des stars de la NBA. Après un passage par le lac Anosy, nous reprenons le taxi-B pour rentrer.

 

Jeudi 22/06, nous partons avec Til et Voire pour visiter le parc Tsimbazaza permettant une vue d'ensemble de l'île, sa culture, sa végétation et ses espèces animales souvent endémiques. Cela a été pour nous l'occasion d'observer quelques lémuriens, rapaces et les fameux fossas du film « Madagascar ». Après cette matinée très agréable, nous nous rendons dans un hotely pour le repas. Les hotelys sont des petits restaurants familiaux où le menu tourne autour du riz et où l'on peut manger pour quelques 2500 Ariary (environ 70 centimes d'euro). Nous rendons ensuite visite à l'oncle aîné de Til et Voire, où viendra ensuite nous rejoindre Charline, amie de Étienne avec qui nous partirons à Vatomandry à l'est de l'île à la fin de notre séjour. Après nous avoir montré le showroom de l'entreprise de son mari Honoré qui fabrique et vend des meubles en bois et en pierre, elle nous amène dans leur quartier, un peu à l'écart de la ville, très neuf avec de belles et grandes maisons. Ce quartier huppé en pleine expansion regroupe infrastructures sportives, sécurité, et routes goudronnées. Nous passons le repas avec Charline et Honoré durant lequel nous en profitons pour en apprendre plus sur Madagascar, son environnement, sa politique, sa situation économique...

 

Vendredi 23/06, nous avons rendez-vous avec AVSF (Agronomes et Vétérinaires sans frontières). Nous en apprenons davantage sur leurs projet de kit goutte à goutte qu'ils ont développé et distribué dans les régions rurales en périphérie de Tana. Ils nous expliquent les difficultés rencontrées par les agriculteurs et les difficultés qu'ils rencontrent avec leur projet. Faisant face aux problèmes de vols l'utilisation du kit n'est pas optimisée. De plus, l'investissement à long terme n'étant pas courant en région rurale, les agriculteurs cherchent des sources plus rapides de revenus et ne renouvellent pas leur équipement. Les membres de l'association cherchent donc d'autres façons de répondre aux besoins croissants en eau des populations rurales. Après ce rendez-vous et un petit repas dans un hotely, c'est non sans difficultés d'orientation et de guidage que nous gagnons le laboratoire des radios isotopes. Nous y rencontrons une professeure du master ABC spécialisé en agroécologie, biodiversité et changement climatique. Elle nous présenta la filière, ses débouchés, son intérêt pour Madagascar et son succès. La nuit tombant tôt, et devant encore traverser la ville pour rentrer, nous reviendrons une autre fois pour rencontrer des élèves notamment. Le soir, en rentrant nous faisons plus ample connaissance de la femme de Henri, tout juste rentrée d'Antsirabe.

 

Samedi 24/06, aujourd'hui, nous prenons la route pour rejoindre le village natal de Henri : Ambatofotsy à 187km à l'ouest de la capitale. C'est pour cette raison que nous retrouvons, à l'aube Guy que nous avions rencontré à l'aéroport et Dona le mécanicien, propriétaire de la voiture de location en cas de pépin. Nous partons à 7h et découvrons peu à peu la campagne malgache, ses collines, ses rizières et ses troupeaux. Nous faisons plusieurs haltes, occasions de découvrir quelques spécialité de l'île et rendre visite à la tante de Henri. A midi, nous faisons une halte à Sakay pour manger au marché hebdomadaire avant de quitter la route principale et prendre la route secondaire pour les derniers 36km. Mais il ne faut pas se fier à la distance. C'est après avoir traversé plusieurs villages agricoles sur une piste poussiéreuse où il est difficile de se croiser et sur laquelle se mêlent troupeaux de zébus, taxis brousses, vélos et piétons que nous ​​retrouvons un frère de Henri, Tonton Jeannot, à « Maville », village principale de la communauté de commune dont fait partie Ambatofotsy. Nous prenons une petite bière pour se dépoussiérer la gorge avant d'attaquer la partie la plus difficile, en espérant que la voiture arrive à destination, 5km plus loin. Les premières difficultés arrivent vite. Nous laissons nos compagnons traverser les difficultés de la route accompagnés de nombreux bras des villages environnants et descendons de voiture pour terminer à

pieds, accompagnés de Tonton Jeannot. Malgré un français dont l'apprentissage semble lointain, c'est en cherchant ses mots et avec un vocabulaire assez restreint qu'il nous parle tout le trajet. Il nous remercie de notre visite et nous explique pourquoi il nous considère d'ores et déjà comme ses fils. Il nous explique également les difficultés rencontrées par les habitants du village à cause de l'état de la route. C'est aux lueurs du couchant que nous gagnons enfin le village de 1500 habitants pour un peu plus de 100 toits sans eau ni électricité courante. Jeannot nous dépose alors chez Tonton Dapierre, le chef du village qui est un autre frère de Henri. Nous y patientons avec des bananes de leurs plantations et un seau avec de l'eau qu'ils ont chauffé exceptionnellement pour nous permettre de nous laver. C'est une heure environ après notre arrivée que la voiture et son escorte arrivent enfin, après maints obstacles et difficultés, en pleine nuit. Après une assiette de riz, nous allons finalement nous coucher après une journée de voiture qui a été probablement notre transport le moins efficace en ratio temps/distance du voyage.

 

Dimanche 25/06, après un bonne nuit et un réveil à 8h ​​recommandé par Henri, mais qui semble extraordinairement tard pour les villageois, nous savourons un bon café local. C'est avec un peu de retard que Henri nous retrouve pour partir en fin de matinée en direction de la source. En effet, le village est alimenté depuis 1997, grâce à l'association Caritas, à une source située à 3km en amont d'une colline. Toutefois, les villageois observent une diminution de leur débit d'eau et aimeraient que nous regardions pour qu'ils établissent des demandes en fonction. C'est avec un convoi grandissant que nous gagnons la source en en apprenons plus sur la région et notamment sur la disparition des arbres qui peuplaient autrefois les collines et sur les « lavakas », énormes trous dus à l'érosion s'étant démultipliés ces dernières années. Arrivés à la source, nous qui craignions de ne pas pouvoir répondre à leurs attentes avons vite cerné le problème. Seul un petit filet d'eau sort du sol argileux de la colline. Après inspection, les installations semblent fonctionnelles et ​​très bien entretenues. Seule la source elle même n'est plus aussi efficace qu'avant. Nous avons, en sortie de l'installation, effectué une mesure de débit. Le débit d'il y a vingt ans à la même période de l'année était de 1L en 7 secondes. Aujourd'hui ce débit n'est plus que de 1L en 16 secondes. La source n'offre donc plus que environ 3,8L par jours et par personne. Malgré la poussière, la chaleur et le travail de la terre, la douche n'est donc qu'un luxe rare. A notre retour, l'éternel riz nous attend avant de profiter d'un peu d'ombre car malgré l'hiver, la température avoisine les 30 degrés. En fin de journée, une équipe de choc de la famille vient faire les branchements électriques pour nous faire profiter du panneau solaire de Tonton Dapierre. Après le riz du soir, nous allons au centre du village, à environ 100m, où le doyen du village : Arthur, fait profiter aux enfants de ses enceintes alimentées par des panneaux solaires pour une soirée musicale et dansante. Une des femmes du village quant à elle fait profiter de sa télévision autour de laquelle une cinquantaine de personnes se rassemblent sagement pour regarder des clips. Une autre activité en cette soirée de festivités est notre présence qui attire les plus curieux. La raison de ces distractions est que le lendemain est férié car il s'agit de la fête nationale.

Lundi 26/06, c'est le jour de fête nationale célébrant l'indépendance acquise en 1960. C'est accompagné de Guy qui nous servira également d'interprète et de nombreux membres de la famille que nous partons pour « Maville ». En arrivant, nous découvrons une fête de village avec des stand de nourriture, des drapeaux aux couleurs du pays (blanc, rouge et vert) et un podium réunissant la maire et les différents chefs de village dont Tonton Dapierre. La fête commence par un discours à l'africaine des différents représentants de village, c'est à dire très long. Toutefois, la présence de trois « Vaza » semblent plus attirer l'attention de l'audience. Il faut dire que pour beaucoup, et ce quelque soit l'âge, c'est la première fois qu'il voient des blancs. Par la suite, les résultats des examens de fin de primaire sont annoncés. Les communes présentent le triste score de 38 % de réussite. Après ces long discours, place aux différents défilés : les enfants répartis par école et classe de niveau, les personnes chargées de la sécurité des villages et l'équipe de foot du collège. Après un plat, évidemment de riz, nous allons prendre des nouvelles du combat de coq traditionnel qui devait être annulé. Il semble que l'on n'annule pas si facilement cet incontournable des fêtes malgaches. Un combat s'organise en douce et nos compère Guy et Dona sont aux premières loges pour motiver l'initiative. Finalement, les paris tardent à s'équilibrer et un parti fini par partir avec son coq. Notre conscience nous dit que c'est bien mais notre curiosité regrette un peu ce choix. Dona qui semble être assidu à ces combats nous propose alors de nous accompagner en voir à Tana. Finalement, après avoir découvert ou redécouvert pour certains la canne à sucre autour d'une bière, nous rentrons au village à pied. Là, nous regardons Tonton Jeannot et sa femme préparer le riz pour remplir des sacs de 75kg. Après avoir profité du coucher de soleil sur les rizières et sous le hululement d'un chouette, nous retournons au village et assistons à la scène du crieur qui annonce une réunion de village le lendemain. Cette réunion est organisée par Tonton Jeannot et Tonton Dapierre pour nous permettre de discuter avec les membres du villages. Après un bon riz, nous rentrons passer la soirée dans notre chambre pour préparer ce rendez-vous du lendemain.

 

Retrouvez-nous la semaine prochaine pour de nouvelles anecdotes de Madagascar !

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